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RYTHMOPATHISME

Le rythmopathisme (du latin rythmopathos) ou rythmo-adiccto rigolum comportementalis, est une affection dégénérative contagieuse non mortelle d’origine idiopathique. La possibilité d’atteinte neurophysiologique a été récemment écartée par plusieurs études et les investigations sur l’existence d’un agent pathogène propagateur restent aujourd’hui infructueuses1.

Epidémiologie

Le rythmopathisme n’a à ce jour pas fait l’objet d’étude épidémiologique de grande ampleur. Différentes sources permettent toutefois d’affirmer avec certitude qu’elle est présente, sous diverses formes, sur tous les continents.

  • Afrique

  • Asie

  • Europe

  • Amérique

Il convient de noter que si de nombreuses sources attestent de l’existence du rythmopathisme dans de multiples régions de la planète la plupart des travaux historiques et scientifiques dédiés à la question sont le fait de chercheurs européens. Cela peut donner au lecteur le sentiment erroné que le rythmopathisme est un phénomène exclusivement occidental, ce qui n’est pas le cas.

Peuvent être cité à tire d’exemple, et de manière non exhaustive, le solkattu indien ou encore le Gumboot sud-africain.
D’origine ancienne le solkattu, est composé de percussions vocales (« konakkol ») accompagnées de de frappement de main en rythme (« tala »). Apparu il y a plusieurs siècles, le Solkattu est une expression ancestrale du rythmopathisme qui se manifeste encore de nos jours en Inde.
Le Gumboot quant à lui mérite une attention particulière dans la mesure où il a considérablement influencé les mouvements actuels de défense du rythmopathisme. C’est par ailleurs chez les individus pratiquant le Gumboot qu’a été constatée la première apparition de l’un des symptômes du rythmopathisme aigu : le port de la botte (cf infra). Apparu en Afrique du Sud au début du XXème siècle, la pratique du Gumboot s’est développée chez les mineurs noirs opprimés par la politique d’appartheid du pays. Symbolisant à la fois la résistance à l’oppression et une revendication culturelle il s’est ensuite répandu dans d’autres pays du continent africain.

Des chercheurs, soucieux de rappeler la dimension universelle du rythmopathisme, insistent sur le fait que la diversité de ses formes d’expressions ne doit pas empêcher son appréhension en tant que phénomène global, et non pas seulement européen. L’historienne et philosophe Sara Emguttu estime ainsi que « la revendication d’une histoire rythmopatesque proprement occidentale s’inscrit dans un mouvement général d’appropriation d’un savoir par sa théorisation. Le rythmopathisme n’est jamais qu’un exemple parmi d’autre de cette pratique, dont le point culminant est la tentative de confiscation de la connaissance acquise par le dépôt d’un brevet, comme c’est le cas avec la pratique de la biopiraterie.»2

Histoire de la maladie

La date d’apparition du rythmopathisme reste incertaine. Plusieurs éléments convergents lui attribuent cependant des origines historiques anciennes.

Préhistoire et antiquité

Les premières données exploitables remontent au Paléolithique (un désaccord existant toutefois sur la période précise, Magdalénien ou Solutréen). Plusieurs représentations pariétales attestent en effet de la présence de tendances rythmopatesques chez l’homo sapiens. Les deux exemples les plus célèbres en sont aujourd’hui la grotte de Lascaux en France, et la grotte d’Altamira en Espagne. A partir de calcul permettant de déterminer la force et la durée de l’impact nécessaire à imprimer une empreinte sur une paroi, des ingénieurs ont récemment démontré que les célèbres traces de main visibles dans les grottes seraient dues à des gestes saccadés, rapides et puissants, tandis que la disposition rapprochée et harmonieuse des empreintes témoigne d’une succession de mouvements répétitifs suivant un rythme précis.

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D’autres travaux et témoignages permettent de constater la présence du rythmopathisme en Egypte aux alentours de -1400 avant JC. Plusieurs représentations peintes ou sculptées attestent en effet de gestes assurément rythmopatesques.

femmes11

Par ailleurs, le journal personnel de Hakhtapoum, scribe personnel d’Amenhothep III, amène à penser que le Pharaon était lui-même atteint de rythmopathisme. En témoigne l’extrait suivant :

« Aujourd’hui encore l’intendant a fait appeler le médecin au petit matin. Son altesse sérénissime s’est remise à taper du pied en rythme dès le réveil. Ont succédés des bruits de bouches et des séries de claquement de doigts. Son altesse ne semble pas souffrir, et c’est précisément la légèreté avec laquelle il traite cette question qui inquiète son entourage. Cela et le fait que le mal semble contagieux. En allant prendre mes fonctions hier je crois avoir vu deux gardes se taper dans les mains en sautillant au rythme de leurs claquement de langues. Qu’Isis, épouse d’Osiris et déesse de la santé, nous protège. »

D’autres sources historiographiques3 ont établi la présence de rythmopathes en Grèce et en Turquie actuelle, au XIIème siècle avant JC. Des travaux récents attestent en effet d’une erreur de traduction dans les manuscrits de l’Illiade et l’Odyssée d’Homère. Le terme traduit traditionnellement par « Cheval » pour désigner le célèbre cheval de Troie, serait en fait issu d’une racine indo européenne désignant la patte de l’animal, mais aussi par extension le pied de l’homme et ultérieurement la chaussure ou la botte. Ainsi les traducteurs s’accordent aujourd’hui sur le fait que les Grecs n’ont pas laissé aux portes de la ville un cheval de bois mais une botte géante, montée sur roue. Celle-ci aurait été dédiée à Athéna, en hommage à son fils, le héros Achille, connu pour sa force et son talon dont la célèbre fragilité résulterait d’un usage intensif de ses pieds au cours d’expériences rythmopatesque intenses.

La dernière trace écrite témoignant de l’existence du rythmopathisme à l’époque antique nous vient d’Aristarque de Samothrace, alors qu’il dirige la bibliothèque d’Alexandrie. Des notes relatives à l’élaboration de son célèbre Canon Alexandrin, font en effet mention d’un ouvrage intitulé Rhytmopathia. L’histoire du manuscrit reste incertaine, et il n’existe à ce jour aucune données permettant de connaître son auteur ni son contenu. Tout mène à penser qu’il aurait brulé dans le tragique incendie de la bibliothèque d’Alexandrie.

Moyen-âge et périodes moderne

Durant le moyen-âge les personnes atteintes de rythmopathisme furent victimes de persécutions de la part du clergé et des pouvoirs seigneuriaux en place. Ce phénomène fut dû à plusieurs causes.

  • De nombreux rythmopathes furent accusés d’hérétisme, voir de sorcellerie, seule justification plausible alors pour expliquer certains mouvements particulièrement délicats à réaliser.

  • D’autres furent soupçonnés d’être possédés, et plusieurs tentatives infructueuses d’exorcisme furent réalisées au cours des XIIIème et XIVème siècle.

  • Enfin le refus par les personnes atteintes de rythmopathisme aigu, de travailler en tant que serf et leurs tentatives de monter des communautés autonomes au sein desquels chacun aurait pu extérioriser librement ses pulsions rythmiques, ont conduit les seigneurs locaux à mener à leur encontre des campagnes d’arrestation plus ou moins efficace. (La communauté la plus connue est celle de la forêt de Sherwood, en Grande-Bretagne. Si elle doit sa célébrité à la présence pendant un temps de Robin Hood ou Robin des bois, elle doit en revanche sa création à un groupement de rythmopathes réunis pour échapper aux persécutions.)4

La première trace de rythmopathes à l’époque moderne remonte au XVIème siècle avec la création en Ecosse des premières loges rythmiques. Fatigués des attaques dont les individus atteints de rythmopathisme ont fait les frais tout au long du Moyen-Age, certains d’entre eux créèrent alors à la Franc-Rythmerie afin de faire avancer les mentalités sur la question au moyen de discussions philosophiques et de recherche scientifiques.5 C’est ainsi que fut créée, en France en 1734 la Loge du Grand pied botté. A l’origine fermée aux femmes celle-ci leur fut finalement ouverte à partir du XXème siècle.
Le regroupement de passionnés du rythme au sein de Loges franc-rythmique permis aux individus atteints de se rencontrer et de cultiver leurs tendances rythompatesques. C’est notamment à cette époque que remontent certains éléments essentiels du rythmopathisme moderne tel que le célèbre tcha-tcha tou-tou-tou tcha-tcha plaf.

Cela contribua par ailleurs au développement d’une forte influence des rythmopathes sur certaines décisions politiques en matière artistique et culturelle. Ils obtinrent ainsi notamment la possibilité de monter une crypte secrète dans les sous-sols de l’Académie royale de musique (aujourd’hui Opéra de Paris). Celle –ci servait de lieu de réunion aux membres de la Loge de la Grande Botte (branche dissidente de la Loge du Grand pied botté, créée en 1776 suite à un désaccord concernant les motifs ornant les tabliers des membres), ainsi que de local de cérémonie et de coffre contenant diverses reliques telles que les souliers du célèbre rythmopathe Saint Vitus, également connu sous le nom de Saint Guy, ayant donné son nom à la danse éponyme.

Les réseaux d’influence rythmopatesques furent impliqués dans divers événements historique, dont le plus fameux demeure la révolution française. Le 14 juillet 1789 au matin, alors que la population parisienne sortait armée des invalides, les dirigeants de la Loge du Grand pied botté orientèrent le cortège vers l’Académie Royale de musique au motif que s’y trouvait une partie de la Cour du Roi venue voir un spectacle. Le but inavoué de la manœuvre étant de récupérer les reliques présentes dans la crypte. Le projet échoua finalement après qu’un membre de la Loge de la Grande botte présent parmi les manifestants eut l’idée de faire circuler dans la foule l’idée de se rendre à la Bastille afin de s’y procurer la poudre qu’ils n’avaient pas trouvé aux invalides6.

Symptomatologie

De mieux en mieux connue, grâce notamment à la multiplication des programmes de recherches à son sujet,7 le rythmopathisme est parfois encore difficile à identifier. Il s’agit en effet d’une affection protéiforme, susceptible de se matérialiser par une grande variété de symptômes. Il est toutefois possible de catégoriser ces diverses expressions rythmiques en trois ensembles distincts.

Les symptômes corporels :

Les expressions corporelles du rythmopathisme sont à n’en pas douter les plus frappantes. Mobilisant tout à la fois les bras, les mains, les jambes, les pieds mais également le buste et la tête, elles prennent des formes multiples et parfois spectaculaires.

Bien que le corps entier puisse être impacté, l’expression corporelle rythmique est avant tout centrée sur les mains, lesquelles sont extrêmement sollicitées. Cela peut se traduire par le contact de la main avec un objet (tapotement rythmé des doigts sur le tableau de bord de la voiture), mais aussi par le contact dit main/main, soit d’une main à l’autre dans un mouvement répétitif de va et viens (applaudissements suivant le rythme de la musique) ou enfin par un contact de la main avec une partie raisonnante du corps (cuisse, torse, voir pour certains bouche). A un stade plus affirmé les symptômes peuvent s’associer les uns aux autres au travers de pratiques musicales complexes, telles que par exemple les claquettes ou l’utilisation du txalaparta.

Les symptômes vocaux.

Le rythmopathisme se manifeste par des expressions vocales de toutes sortes. Si elle peut se matérialiser en un chant, elle peut également consister en un enchaînement de consonnes labiales, épiglottales et labio-dentales, mobilisant à la fois les muscles de la langue, du pharynx et du larynx.

A son stade initial, le rythmopathisme vocale peut s’exprimer à l’insu même du sujet atteint, quel que soit son âge ou son état de santé. On peut ainsi citer le gazouillis du nourrisson, le raclement de gorge de la personne âgée, la crise compulsive de fou rire, le soufflement entre lèvres pincées (ou « pfffff ») exprimant la lassitude, ou encore le claquement de langue marquant l’approbation ou l’agacement.
Comme le rythmopathisme corporel, le rythmopathisme phonique s’exprime différemment en fonction du degré d’atteinte de l’individu concerné. Le rythmopathisme aigu peut ainsi conduire à la réalisation de percussions vocales au travers de la pratique du Beatbox, ou encore du Konnakol indien. Des études phonologiques montrent par ailleurs qu’à son stade ultime d’expression le ryhtmopathisme vocal se traduit par un ensemble de sons fonctionnant les uns avec les autres et organisés en un énoncé, ou phrase.8

Peut être citée à titre d’exemple la phrase célèbre « Kébochapo » :

  • Kébochapo bayabina kinikini patitswana

Les symptômes associés.

Plusieurs symptômes disparates ont été identifiés lors d’une étude anthropologique récente menée sur 16 sujets représentatifs, atteints de rythmopathisme aigu9. Les constatations finales sont ainsi résumées par les chercheurs:

«

  • Le rythmopathisme engendre chez l’individu une propension au fou rire qui, si elle semble bien vécue par les sujets étudiés, pourrait se révéler handicapante dans le cadre de certaines professions (Politiciens, contrôleur fiscal, militaires et affiliés.)

  • Il semble, si l’on se fie à l’échelle de Shünterfaeubach sur la joie de vivre, permettant de calculer le pourcentage de joie de vivre (JDV) d’un sujet en comparant son poids et sa taille à la musculature de ses zygomatiques, que la proportion de JDV chez l’individu atteint de rythmopathisme est supérieure de 32% à la moyenne nationale française pour l’année 2012.

  • Bien qu’apparemment peux soucieux des apparences les sujets étudiés focalisent de manière étrange sur un signe vestimentaire extérieur pour eux incontournable : la botte. Après recherches approfondies il ne semble pas que cela corresponde à un intérêt quelconque pour la mode (démenti par les choix vestimentaires de certains sujets) ni à une aquaphobie particulière (aucun ciré ni parapluie n’a été vu lors de l’étude).
    La botte semble d’avantage se rapprocher d’un objet totémique ayant une fonction à la fois symbolique et pratique. D’un point de vue symbolique l’objet relie chacun au monde rythmopatesque, tout en lui permettant de s’individualiser par l’entremise d’ornementations personnalisées réalisées à même la botte (et rappelant étrangement pour certaines les formes de symbolisation des cultures précolombienne). D’un point de vue pratique il semblerait que la botte en caoutchouc permette d’obtenir des sons qui seraient a priori irréalisables en chaussette.
    L’ensemble des éléments ainsi observés tend à prouver que le port de botte en caoutchouc est bel et bien un symptôme témoignant d’une forme avancée de rythmopathisme. Il est toutefois dommage que les circonstances climatiques aient empêchées la réalisation d’une étude approfondie à la plage. »

Controverses

Principale controverse

Le rythmopathisme : maladie ou art de vivre ?

La principale querelle d’expert autour d rythmopathisme concerne son statut controversé de maladie. Si certains considèrent en effet qu’il s’agit d’une pathologie d’autres estiment au contraire que le rythmopathisme est un état naturel chez tout humain, le degré plus ou moins important de son expression variant selon des facteurs environnementaux et sociaux.

Le nom lui-même, d’origine ancienne (cf supra) mais utilisé depuis peu, nourrit le débat. Les tenants de la théorie de la maladie font en effet valoir que la traduction contemporaine du terme rythmopathisme serait « maladie du rythme ». Leurs détracteurs contestent cette traduction et rappellent qu’à l’origine, le terme latin pathos signifie non pas maladie mais « passion, émotion ». Ils rappellent par ailleurs qu’il est désormais établi que le rythmopathisme n’est pas causée par une défaillance du système nerveux et qu’il n’est pas non plus référencé dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V), qui est pourtant l’ouvrage de référence des médecins soutenant que le rythmopathisme est bel et bien une maladie.

Aujourd’hui s’est développé en réaction à cette vision pathologique du rythmopathisme, un courant militant revendiquant la reconnaissance du rythmopathisme comme un art de vivre renforçant l’épanouissement du sujet.
Il existe ainsi un laboratoire scientifique dont les travaux sont dédiés à la question, le Centre de recherches CESPRIM.
Un regroupement officiel de sujets atteints a par ailleurs été constitué sous le nom LES RYTHMOPATHES. Il opère des missions de sensibilisation à la question auprès d’un large public, de l’enfant à l’adulte, au travers de démonstrations ponctuelles. Certains de ses membres organisent par ailleurs des sensibilisations en petit groupe, afin de permettre aux personnes intéressées d’extérioriser leurs tendances rythmopatesques.
Enfin, face au silence des médias traditionnels ont été créés la chaine de télévision KALAPOUM TV et le journal hebdomadaire KALAPOUM HEBDO.

Il est en outre important de distinguer entre le rythmopathisme et diverses maladies reconnues comme telles.

Distinction entre le rythmopathisme et certaines maladies

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– Rythmopathisme et TOC

La prévalence de symptômes répétitifs d’apparence compulsive est susceptible d’aboutir à des erreurs de diagnostic. Le rythmopathisme est ainsi parfois assimilé à des troubles anxieux caractérisés par l’apparition répétée de pensées intrusives, autrement connus sous le nom de Troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Or, à la différence des TOC, les compulsions rythmopatesques ne sont pas répétées de manière ritualisées et obsessionnelles mais sont au contraire une traduction physique de l’imaginaire rythmique du sujet. Elles ne sont ainsi pas génératrices d’angoisse ni un facteur d’isolement du patient.

– Rythmopathisme et coprolalie

De même, bien que les expressions rythmopatesques orales puissent revêtir une apparence spontanée et désordonnée, évoquant une compulsion vocale irrépressible elles doivent être distinguées de la coprolalie, laquelle consiste à prononcer involontairement des insultes. Selon les propres termes du Docteur Frédéric Mopathe, spécialiste de la question « Le rythmopathisme n’excuse pas la vulgarité, bien au contraire. La plupart des sujets atteints de rythmopathisme que j’ai pu étudier sont des gens tout à fait courtois.»

– Rythmopathisme et troubles du déficit de l’attention

La question du lien entre le rythmopathisme et les troubles du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) diffère de celles précédemment traitées. Le débat n’est pas ici centré sur la distinction entre ces deux pathologies, mais au contraire sur leurs points communs. Certains chercheurs soutiennent en effet que les enfants prétendument atteints de tels troubles sont en réalité des rythmopathes non diagnostiqués.

La classification internationale des maladies (CIM-10), réalisée par l’Organisation mondiale de la santé réunie les troubles du déficit de l’attention sous l’appellation « troubles hyperkinétique » qu’elle définit notamment comme des troubles caractérisés par « une tendance à passer d’une activité à l’autre sans en finir aucune, associés à une activité globale désorganisée, incoordonnée et excessive. » La classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent (CFTMEA) fait pour sa part mention d’ « un certain degré d’impulsivité sur le plan moteur [par] une hyperactivité ou une agitation motrice incessante. »

Il est donc généralement considéré que les symptômes caractéristiques du TDAH sont l’inattention, l’impulsivité et l’hyperactivité. Ainsi « L’enfant inattentif peut avoir l’air de ne pas écouter quand on lui parle, ne se conforme pas aux consignes, est trop distractible, a des difficultés à organiser ses travaux et ses activités, évite ou fait à contrecœur les tâches qui nécessitent un effort mental soutenu, perd souvent les objets nécessaires à son travail ou à ses activités. Il aime souvent courir ou sauter dans des situations où cela n’est pas approprié. Il a du mal à attendre son tour et se précipite pour répondre aux questions sans attendre qu’on ait terminé de les poser. » Le diagnostic chez l’enfant de 6 à 8 ans prend donc en compte son « incapacité à rester en place, à se tenir à une activité, difficultés à attendre son tour, très bavard, « touche à tout » ou en échec scolaire alors que considéré comme « ayant du potentiel ». D’un autre côté il est également estimé que les sujets atteints sont « créatifs, inventifs, imaginatifs et intuitifs ».

Selon les scientifiques du centre de recherche CESPRIM, le diagnostic du TDAH ne correspond pas tant au constat de l’existence d’une maladie qu’à la difficulté que peut avoir une société à composer avec des aspirations divergeant de la norme communément admise. Ils soutiennent notamment que la grande disparité dans les pourcentages de sujets atteints selon les régions du monde s’explique par le fait que le TDAH est principalement diagnostiqué dans des pays où l’expression corporelle est peu valorisée et où la créativité est considérée comme une compétence non essentielle. Ce qui est donc considéré comme une incapacité à se concentrer ou une activité physique impulsive inappropriée serait en fait l’expression d’un ennui face aux activités proposées et une inadaptation de la société à l’individu plutôt que l’inverse. Ces spécialistes défendent donc la valorisation des compétences exprimées (créativité, spontanéité, curiosité…) plutôt que leur marginalisation et préconisent l’extériorisation des pulsions rythmopatesques. Ceci nécessite selon eux un réel travail, qui bien que souvent considéré comme un simple loisir, fait appel à de multiples compétences (capacité de concentration, patience, endurance face à l’effort…) et permet au sujet d’apprendre à canaliser son énergie en une activité joyeuse, riche et complexe.

Autres controverses

Parmi les autres controverses actuelles deux méritent d’être citées.

La question s’est posée de savoir si le rythmopathisme relève de l’inné ou de l’acquis : nait-on rythmopathe ou le devient-on ? Le débat est né du constat de l’existence de cas d’arythmie chez certains sujets. Cela se traduit par une incapacité totale ou partielle (arythmie complète et semi arythmie) à entendre ou reproduire un rythme simple. Les constatations récentes qualifiant l’arythmie de délire d’immunité et attestant que celui-ci n’est pas incurable tendent à soutenir l’idée selon laquelle tout individu naîtrait avec un capital plus ou moins égal de rythmopathisme, l’expression ultérieure dépendant en revanche de facteurs sociaux et environnementaux.

Le second sujet de débat tient à la question de savoir si le rythmopathisme est le propre de l’homme. D’aucun soulignent que les animaux ne sont pas musiciens, tandis que d’autres affirment au contraire que de nombreuses espèces sont atteintes. Ce serait ainsi le cas notamment du pic-vert, mais aussi des batraciens, grenouilles et crapauds confondus (à l’exclusion du têtard, le potentiel rythmopatesque ne se développant chez ces espèces qu’à l’âge adulte). Transcendant la question, l’idée selon laquelle les éléments naturels ont de tout temps influé sur l’imaginaire rythmique de l’homme, en le faisant évoluer au sein d’un univers marqué par le son et le rythme, est quant à elle incontestée. Peuvent ainsi être cités, de manière non exhaustive, le bruit du tonnerre, le grondement de l’orage, l’écrasement des vagues sur les plages et récifs, le son de la pluie sur le toit de la maison, ou encore le souffle du vent dans les arbres.

Actualité du rythmopathisme

Le rythmopathisme, longtemps mise de côté par les scientifiques, fait aujourd’hui l’objet d’études de plus en plus poussées.
C’est ainsi que le Centre de recherche CESPRIM organise le 22 novembre, dans la salle de conférence du Théâtre Femina à Bordeaux, un congrès dédié au rythmopathisme, au cours duquel doivent être enfin révélés au public les résultats des travaux du Docteur Frédéric Mopathe.

Rythmopathes célébres

Plusieurs acteurs et danseurs célèbres ont défendu au travers de leur œuvre, la cause rythmopathe. C’est notamment le cas de Gene Kelly, mais aussi d’acteur plus jeunes, ayant milité récemment pour le retour des claquettes au cinéma. L’un des plus investis fut incontestablement Charlie Chaplin fervent défenseur du rythmopathisme, en privé mais aussi par le biais de son art. Lui-même très atteint, comme l’attestent ses nombreux films, il dénonce par exemple dans les temps modernes l’instrumentalisation des pulsions rythmiques vitales de l’homme au profit de la productivité et montre comment l’annihilation de la pensée conduit à convertir en machine l’individu vivant en dansant.
Peut également être cité le grand Jean Gabin, dont la distribution de claque à un rythme soutenu dans plusieurs de ses films a contribué à former l’oreille de son public en la sensibilisant à certains rythmes simples, tout en mettant en lumière le fait que le potentiel rythmopatesque de chacun peut s’exprimer dans des circonstances variées.

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Enfin, il serait difficile de parler des rythmopathes célèbres sans mentionner les STOMPS, troupe de douze artistes alliant dans leurs spectacles danse, percussion et théâtre. Ces derniers ont en effet contribué significativement à la popularisation et l’acceptation des « troubles sévères assumés », mettant notamment en lumière leurs implications artistiques et leur association possible avec la danse, le basket et autres mouvements de poubelles.

Rythmopathisme et fiction

Le rythmopathisme a de tout temps influencé l’imaginaire des auteurs et par la même un nombre considérable d’œuvres de fiction. Il a notamment amené un certain nombre d’écrivains et dessinateurs à développer une certaine fascination pour l’un des symptômes du rythmopathisme aigu: la botte.

Parmi les plus connus figurent bien entendu le Chat botté, au nom évocateur, qui invente pour son maître un titre, « Marquis de Carabas », dont le choix exprime indéniablement un rythmopathisme phonique certain. En effet, l’accumulation de [a] associée à une succession de [k] et temporisée par l’introduction du [i] à une place stratégique (deuxième syllabe du premier mot), aboutie à la section de phrase rythmique « mar kide karabas », qui, si on la double en première et anté-pénultième syllabe, conformément aux codes de composition rythmophonique, donne finalement la phrase « mamar kide kakarabas ».

Un autre personnage célèbre est le petit poucet, porteur des célèbres bottes de sept lieues. Celles-ci lui permettent d’échapper à l’ogre en décuplant ses capacités, parcourant ainsi des distances gigantesques. Un lien est ici fait de manière évidente entre l’instrument (la botte) et le résultat (facilitation de la performance physique), rappelant l’une des fonctions pratiques qu’elle remplit pour les rythmopathes affirmés. Il n’est d’ailleurs pas un hasard que les deux histoires précitées aient été écrites de la main de Charles Perrault, lequel était de notoriété publique un danseur invétéré10.

Des hommages similaires se retrouvent également dans des œuvres fictionnelles plus récentes. C’est notamment le cas de nombreux super-héros, catégorie chez qui le port de la botte sans être systématique, est néanmoins récurrent. Peuvent être cités, à titre d’exemple, Batman, Superman, Spiderman, Wolverine ou encore Captain America. Chez chacun d’entre eux, le port de la botte rempli de toute évidence, comme pour les rythmopathes, une fonction symbolique11. La botte donne ainsi aux personnages un signe distinctif commun, transcendant les différences de coupes et de couleurs des costumes. Elles peuvent en outre avoir une fonction pratique et stimulante faisant écho à celle des bottes de sept lieues du petit poucet. A cet égard d’ailleurs, les plus frappantes restent sans aucun doute les bottes à réaction ou bottes jetpack du héros japonais Astro Boy.

Super-héros-Marvel

légende :

1 Kalapoum Hebdo « Une équipe de chercheur sur le rythmopathisme contaminée par accident au cours de ses recherches », n° 108 juin 2013.

 

2 Kalapoum Hebdo, « Entretien avec Sara Emguttu », Hors-série n°3 Rythmopathisme, Histoire, science et philosophie, regards croisés, novembre 2011.

 

3 G. Bareli, Histoire de la chaussure à l’époque Antique : la vérité rétablie, Ed. Poulaine, 2002, Vierzon.

 

4 U. Fass, Sherwood, de la danse à la révolte, une histoire politique du Moyen Age, Ed. Stilleto, 1987, Bone.

 

5 M. Barik, Histoire de la Franc-Rythmerie en Europe, Ed. Loafer, Martignas sur Jalle. 2008.

 

6 Ibid, Chapitre 3 : Révolution française, ou comment la Franc-Rythmerie prend la Bastille.

 

7 Voir par exemple le centre de recherche CESPRIM, spécialisé dans la question.

 

8 A. Varil, Traité de Phonologie Générale, Chapitre 8 « La percussion vocale », Tricounis University Press, Bone.

 

9 F. Tynnyri, « Le rythmopathisme comme sujet d’étude, contribution à l’analyse d’un phénomène psycho-social », in T. Tong et G. Takarr (dir.), Mélanges en l’honneur de Claude Lévi-Strauss, Ed. Abarka, Paris, 2012.

 

10 E. Bandukici Nali, « Charles Perrault, l’auteur-danseur-compositeur », Kalapoum Hebdo, n°86, décembre 2012.

 

11 Voir F. Tynnyri, « Le rythmopathisme comme sujet d’étude, contribution à l’analyse d’un phénomène psycho-social », op.cit.